PROPOSITIONS D’EXPLOITATION
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Complétez le
texte par des adjectifs. Trouvez un adjectif pour chaque substantif en gras
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Sophie
Roïk. Léa Léa n’avait pas d’âge. Elle vivait hors du temps.
Elle habitait ce village ___________. L’on ne sait depuis quand. Elle
portait des vêtements ___________ du matin jusqu’au soir. Elle avait
la peau ___________comme une fleur de seringa. Un peu de couperose
striait ses joues___________. Je lui ai toujours connu des cheveux
___________très soigneusement tirés en un chignon bien___________.
Elle ressemblait ainsi à une poupée de porcelaine un peu vieillie ou un
santon du midi. |
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Marcel Proust . Un amour de Swann |
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D'après un travail collectif, Lorick et
Fanny . |
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Le portrait de notre héros . |
Le vocabulaire des cinq sens : Exercices
Recopie
le tableau suivant et réorganisez cette liste de verbes en fonction des cinq
sens: Vue |Odorat | Toucher | Ouïe | Goût Apercevoir
— atteindre — attraper — auditionner —caresser — chatouiller — chiffonner —
considérer —contempler — découvrir — dégager — déguster — dévisager —
discerner — distinguer — écouter — effleurer —émaner — embaumer — empester —
empuantir — entrevoir — épier — essayer — exhaler — fleurer — friper
—froisser — frôler — frotter — heurter — imprégner —lorgner — manier —
manipuler — masser — mirer —observer — palper — parfumer — regarder —
reluquer— répandre — respirer — revoir — savourer — tâter —tâtonner —
tripoter — voir. Remplace les verbes “voir” ou “regarder” ainsi que les expressions qui
les accompagnent par le synonyme approprié, choisi dans cette liste : Lorsque
Pierre est entré dans la maison, il a d’abord regardé
(………………………………………………………………..) toute la pièce principale c’était grand et il
faisait froid. Il s’est avancé et il a vu (………………………………
,…………………………………..) dans le coin sombre, un piano. Il l’a regardé
(……………………………………………………..) de près, l’a regardé
(………………………………………………………………..) sous toutes les coutures et, soudain, il a vu
(………………………………………………………………..) un minuscule fil d’or qui sortait de la dernière
touche. Il a tiré dessus et une musique merveilleuse a retenti dans tout le salon.
C’est alors qu’il a vu (………………………………………………………………..) une faible lueur derrière
la fenêtre, puis un scintillement, et enfin une lumière aveuglante qui s’est
répandue partout. Il voyait (………………………………………………………..) maintenant devant
lui une salle de bal Il a alors vu (………………………………………………………………..) des formes
colorées qui se glissaient le long des murs. Pierre regardait
(……………………………………………………..) ce spectacle avec étonnement et admiration Il
regardait(………………………………………………………………..) sans pouvoir détourner les yeux...
Distingue,
parmi les mots suivants, ceux qui évoquent la douceur et la dureté au
toucher. cotonneux — duveteux — huileux — lisse
—moelleux — mou — noueux — piquant — poli —racorni — rêche — rugueux — satiné
— savonneux —souple — soyeux — tendre — velouté Complète ces phrases avec des synonymes du verbe “sentir”. 1. La chienne a f.………………………………………………………l’odeur d’une souris. 2. Les pivoines e.…………………………………………………………………. le jardin. 3. Le soir, le jasmin e.…………………………………………………………………. un parfum sucré.
4. Après être tombé dans cette flaque, Aurélien e……………………………………………………...
la vase 5. Avec cet adoucissant, le linge f……………………………………………………………………... bon la
lavande. |
http://www.condorcet.com.au/_projects/secondaire/BD/portrait.htm
Homme d'expérience,
Niémans nous est présenté dès le premier chapitre comme un flic acharné et
extrêmement violent. Avec cette introduction et en mettant son personnage en
situation, Jean-Christophe Grangé dresse donc très rapidement le portrait
physique et psychologique de son commissaire.
Description
physique
Pierre Niémans est donc décrit sommairement
dès le premier chapitre. Le commissaire principal est présenté comme un homme
de « haute carrure » (p33), avec « une coupe en brosse, luisante et
grise » (p22). Ce flic aux « traits
osseux, ridés » porte des petites « lunettes
cerclées de métal » (p22).
Eléments psychologiques
Si la rage et l'acharnement de Niémans nous
sont présentées dès les premières pages, il faut attendre plusieurs chapitres
avant de découvrir réellement toute la psychologie du personnage.
A la page 120, Jean-Christophe Grangé nous présente un flic psychologiquement
instable. Ayant côtoyé depuis son enfance la violence et la cruauté, Niémans
recherche le danger « pour mieux l'affronter, mieux
le contrôler ». Pourtant, depuis
quelques temps, le commissaire ne parvient plus à maîtriser cette rage
intérieure, ce que le combat avec le hooligan du premier chapitre démontre
parfaitement. Ceci explique qu'il voit régulièrement un psychologue (p41).
De plus, Jean-Christophe Grangé insiste sur le fait que Niémans « n'avait
pas vaincu ses propres peurs ». Sa phobie des chiens le conduit d'ailleurs à négliger une piste dans son
enquête, entraînant la mort du jeune Joisneau.
Passé et carrière dans la police
Très rapidement, le jeune Pierre Niémans
éprouve le besoin de quitter ses parents enseignants et d'assumer son
indépendance. Après une scolarité brillante, Niémans veut s'orienter vers
l'armée. Réformé, il intègre une école de police, obtenant des résultats
excellents (p39-40).
Il travaille alors successivement pour la BRI (Brigade de Recherche et
d'Intervention), le RAID, la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) (p25)
puis l'OCRTEH (Office Central pour la Répression de la Traite des Etres Humains),
une instance supérieure de la BRP (Brigade de Répression du Proxénétisme) (p30)
Aujourd'hui, Pierre Niémans est considéré comme « un
policier hors-pair. Tenace, violent, vicieux. » (p40). Karim Abdouf, excité à l'idée de travailler avec le commissaire, le
décrit plus tard comme « Un homme de terrain, violent,
colérique, acharné. Un enquêteur brillant […] finalement mis au placard à cause
de son caractère incontrôlable et de ses accès de violence. » (p282)
Sa longue carrière dans la police lui a permis de fonder ses propres théories
sur le crime, résumées durant l'enquête par Karim Abdouf (les miroirs, la
structure atomique) (p207).
Pierre Niémans utilise un MR 73 (p17).
Beaucoup plus
jeune que Pierre Niémans, issu d'un milieu social totalement différent, Karim
Abdouf partage cependant avec le commissaire cette détermination et ces
méthodes parfois un peu brutales, qui lui permettront de venir au bout de son
enquête. En dépit de l'expérience du commissaire, il semble que Karim avance
bien plus vite que lui, et aille même parfois jusqu'à le surpasser (N'est-ce
pas lui qui découvre la véritable signification de l'odeur de colle qui flotte
dans l'appartement des Caillois ?)
Description
physique
Comme Niémans, Karim Abdouf est presque entièrement décrit physiquement par
Jean-Christophe Grangé dès les premières pages où il apparaît. Agé de 29 ans
(p61), Karim Abdouf nous est donc présenté comme un « jeune
Beur d'un mètre quatre-vingt-cinq, mince comme un cric, portant le bouc, des
nattes de rasta et une filée de boucles d'oreilles » (p65), et l'auteur précise quelques pages plus tard que « Ses
nattes tombaient à l'oblique des deux côtés de ses tempes, son visage étroit et
sombre était aiguisé par un bouc », ce qui explique qu'à plusieurs reprises, il soit comparé à « un
Diable » (p73)
Le look du jeune flic est donc très particulier. Il porte par exemple « sweat-shirt,
jean, veste de jogging à capuche, puis veste de cuir brune, modèle éboueur des
années cinquante » et arbore un « bonnet
tissé aux couleurs jamaïcaines » (p73).
Lors de la rencontre entre les deux flics, Niémans décrit son collègue de la
façon suivante : « Il était aussi grand que lui, de type maghrébin,
portait de longues nattes de rasta, un bonnet coloré et un bouc de
Lucifer » (p261). Le commissaire principal
est d'abord méfiant vis-à-vis de ce « rasta
d'un mètre quatre-vingt-cinq, portant des dreadlocks, un pistolet automatique
non réglementaire » (p264), avant de le
considérer, quelques pages plus tard seulement, comme « un
allié. Et un allié de choc » (p267)
Eléments
psychologiques
Le principal trait de caractère du jeune flic semble être son obstination. Sa
détermination est impressionnante : Abdouf ne renonce jamais, explore la
moindre piste, s'obligeant sans cesse à « Enfoncer
chaque jalon, toujours » (p228).
Karim Abdouf nous est également présenté comme un personne très sensible,
malgré des méthodes somme toute assez brutales et expéditives. Au cours de son
enquête, Karim est à plusieurs reprises bouleversé par l'histoire du petit
Jude. Ainsi, lorsqu'il découvre la façon dont l'enfant est mort, il se laisse
submerger par ses émotions : « Des larmes lui brûlèrent les
paupières, comme s'il venait d'apprendre la mort d'un être cher. D'un être
qu'il avait aimé, quelques heures seulement, mais avec la fureur d'un
torrent » (p230). A la fin de cette enquête
pour laquelle il s'est tant impliqué, il repensera à « la
petite gosse qu'il avait aimée – il le savait maintenant – plus que tout au
monde, durant vingt-quatre heures. » (p405)
Passé et
carrière
Le passé de Karim Abdouf est détaillé sur une dizaine de pages au cours du
chapitre 7 (p62-72). Jean-Christophe Grangé décrit ainsi une vingtaine d'années
du flic, en insistant sur différents éléments clés de sa vie (sa vengeance
sanglante une fois son diplôme décroché par exemple).
De parents inconnus, ayant grandi seul à Nanterre, le jeune Beur découvre vite
la violence des cités. Petit délinquant, Karim poursuit pourtant de brillantes
études, et obtient rapidement sa licence de droit, et choisit de s'engager dans
la police, pour continuer à fréquenter le même environnement que celui dans
lequel il avait grandi. Malgré ses excellents résultats à l'école de police, le
jeune flic est finalement muté à Sarzac, dans le Lot.
Karim Abdouf se décrit comme étant « un flic sans
expérience », avant d'ajouter : « Je
suis un voyou et j'avance en solitaire. […] Je cours pour mes propres couleurs,
vous pigez ? » (p215). Le flic
n'hésite pas en effet à recourir à des méthodes brutales et peu orthodoxes pour
obtenir les indications qu'il désire (la confrontation avec les skins est un
exemple très parlant). Il suit ses propres lois et mène ses enquêtes à sa
manière.
Karim Abdouf utilise un Glock 21 (p91).
http://palf.free.fr/portrait/textes.htm
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Texte 1 «Il était aussi laid qu'on puisse le souhaiter, si tant
est qu'on fasse des souhaits pour la laideur ; mais je ne suis pas le premier
qui parle ainsi. Il avait la bouche de fort grande étendue, témoignant de
vouloir parler de près à ses oreilles, qui étaient aussi de grande taille,
témoins assurés de son bel esprit. Ses dents étaient posées alternativement
sur ses gencives, comme les créneaux sur les murs d'un château. Sa langue
était grosse et sèche comme une langue de bœuf ; encore pouvait-elle passer pour
fumée, car elle essuyait tous les jours la valeur de six pipes de tabac. II
avait les yeux petits et battus, quoiqu'ils fussent fort enfoncés, et vivants
dans une grande retraite ; de nez fort camus*, le front éminent, les cheveux
noirs et gras, la barbe rousse et sèche. Pour le peu qu'il avait de cou, ce
n'est pas la peine d'en parler une épaule commandait à l'autre comme une
montagne à une colline, et sa taille était aussi courte que son intelligence.
En un mot sa physionomie avait toute sorte de mauvaises qualités, hormis
qu'elle n'était pas menteuse. On le pouvait bien appeler vaillant des pieds
jusqu'à la tête, car sa valeur paraissait en ses mâchoires et en ses talons.» *
Court et plat Antoine Furetière, Le Roman bourgeois, 1666. Texte 2 «Nous n'essaierons pas de donner au lecteur une idée de
ce nez tétraèdre*, de cette bouche en fer à cheval, de ce petit oeil gauche
obstrué d'un sourcil roux en broussailles tandis que l'œil droit
disparaissait entièrement sous une énorme verrue, de ces dents désordonnées,
ébréchées çà et là, comme les créneaux d'une forteresse, de cette lèvre
calleuse** sur laquelle une de ces dents empiétait comme la défense d'un
éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur
tout cela, de ce mélange de malice, d'étonnement et de tristesse. Qu'on rêve,
si l'on peut, cet ensemble. L'acclamation fut unanime. On se précipita vers la
chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais
c'est alors que la surprise et l'admiration furent à leur comble. La grimace
était son visage. Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une
grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse
énorme dont le contre-coup se disait sentir par devant ; un système de
cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient se
toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants
de faucilles qui se rejoignaient par la poignée ; de larges pieds, des mains
monstrueuses; et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure
redoutable de vigueur, d'agilité et de courage ; étrange exception à la règle
éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l'harmonie. Tel
était le pape que les fous venaient de se donner. On eût dit un géant brisé et mal ressoudé. Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la
chapelle, immobile, trapu, et presque aussi large que haut, carré par la base
(...) la populace le reconnut sur-le-champ et s'écria d'une voix: - C'est Quasimodo, le sonneur de cloches !» *Figure
géométrique à quatre faces **
Fendue et dont une partie est saillante Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831. Texte 3 «Au physique, Grandet était un homme de cinq pieds*,
trapu, carré, ayant des mollets de douze pouces** de circonférence, des
rotules noueuses et de larges épaules ; son visage était rond, tanné, marqué
de petite vérole ; son menton était droit, ses lèvres n'offraient aucunes
sinuosités, et ses dents étaient blanches ; ses yeux avaient l'expression
calme et dévoratrice que le peuple accorde au basilic ; son front, plein de
rides transversales, ne manquait pas de protubérances significatives; ses
cheveux jaunâtres et grisonnants étaient blanc et or, disaient quelques
jeunes gens qui ne connaissaient pas la gravité d'une plaisanterie faite sur
monsieur Grandet. Son nez, gros par le bout supportait une loupe veinée que
le vulgaire disait, non sans raison, pleine de malice. Cette figure annonçait
une finesse dangereuse, une probité sans chaleur, l'égoïsme d'un homme habitué
à concentrer ses sentiments dans la jouissance de l'avarice et sur le seul
être qui lui fût réellement de quelque chose, sa fille Eugénie, sa seule
héritière. Attitude, manières, démarche, tout en lui, d'ailleurs, attestait
cette croyance en soi que donne l'habitude d'avoir toujours réussi dans ses
entreprises. Aussi, quoique de mœurs faciles et molles en apparence, monsieur
Grandet avait-il un caractère de bronze. Toujours vêtu de la même manière,
qui le voyait aujourd'hui le voyait tel qu'il était depuis 1791. Ses forts
souliers se nouaient avec des cordons de cuir ; il portait, en tout temps des
bas de laine drapés, une culotte courte de gros drap marron à boucles
d'argent, un gilet de velours à raies alternativement jaunes et puces,
boutonné carrément, un large habit marron à grands pans, une cravate noire et
un chapeau de quaker. Ses gants, aussi solides que ceux des gendarmes, lui
duraient vingt mois, et, pour les conserver propres, il les posait sur le
bord de son chapeau â la même place, par un geste méthodique. Saumur*** ne
savait rien de plus sur ce personnage.» *Unité
de mesure (1 pied = 33 cm) **Unité de
mesure (1 pouce = 2,7 cm) ***
Ville de Maine-et-Loire Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1833. Texte 4 « La femme, une de celles appelées galantes, était
célèbre pour son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de
Suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis,
étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses ; avec
une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle
restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait à voir.
Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir ; et
là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de
grands cils qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante,
étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et
microscopiques. Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités
inappréciables. Aussitôt qu'elle fut reconnue, des chuchotements
coururent parmi les femmes honnêtes, et les mots de "prostituée",
et de "honte publique" furent chuchotés si haut qu'elle leva la
tête. Alors elle promena sur ses voisins un regard tellement provocant et
hardi qu'un grand silence aussitôt régna, et tout le monde baissa les yeux à
l'exception de Loiseau, qui la guettait d'un air émoustillé.» Guy de Maupassant, Boule de Suif, 1880. Texte 5 «Personne ne savait son vrai nom ; peut-être qu'il n'en
avait pas. Dans les villages, on l'appelait l'homme aux grenouilles. Il avait quarante ans, ou soixante. Sa face ne décelait
point d'âge, si meurtrie, si mutilée qu'elle n'était plus une face humaine,
mais un masque péniblement inerte où les yeux semblaient luire comme à
travers deux trous. Sur son front, sur ses joues, des cicatrices de variole
demeuraient blanches parmi de rousses tavelures d'éphélides*. Il portait
d'autres cicatrices, brouillées, mêlées, bourgeonneuses. l'une d'elles, ayant
rongé une aile de son nez, faisait là un trou laid à voir : c'était peut-être
la trace d'une vilaine maladie, peut-être celle d'un coup de couteau. Mais
l'homme était si doux dans ses manières, si poli avec tout le monde qu'on ne
pouvait croire au souvenir d'une batterie**. II était chaussé d'espadrilles et vêtu de hardes très
propres. On le sentait de corps souple et solide, tout en nerfs Il n'y avait
qu'à le voir marcher, couler sans bruit ses pas dans l'herbe, onduler de
l'échine comme un chat en maraude, pour deviner en lui une grande force agile
et secrète. On ne s'expliquait guère pourquoi, dans les hameaux de
la campagne il ne passait point pour sorcier. Il avait paru étrangement, on
ne savait plus quand, venu on n'avait su d'où. On ne lui connaissait point de
logis. II dormait dans les granges, dans les étables, au pied des meules,
dans les fossés des routes, nulle part. [...] Il pratiquait un innocent
métier, il n'était que l'homme aux grenouilles.» *Petites
taches disséminées sur le visage (taches de rousseur) ** lutte, dispute Maurice Genevoix, La Boîte à pêche, 1926. Texte 6 «César Soubeyran approchait de la soixantaine. Ses
cheveux, rudes et drus, étaient d'un blanc jaunâtre strié de quelques fils roux
; de noires pattes d'araignées sortaient de ses narines pour s'accrocher à
l'épaisse moustache grise, et ses paroles sifflotaient entre des incisives
verdâtres que l'arthrite avaient allongées. Il était encore robuste, mais souvent martyrisé par
"les douleurs", c'est à dire par un rhumatisme qui chauffait
cruellement sa jambe droite ; il soutenait alors sa marche en s'appuyant sur
une canne à poignée, et se livrait aux travaux des champs à quatre pattes, ou
assis sur un petit escabeau. Comme Philoxène, mais depuis plus longtemps, il
avait sa part de gloire militaire. A la suite d'une violente querelle - et
peut-être aussi, disait-on, à cause d'un chagrin d'amour -, il s'était engagé
dans les zouaves, et il avait fait la dernière campagne d'Afrique, dans
l'extrême sud. Deux fois blessé, il en était revenu, vers 1882, avec une
pension, et la médaille militaire, dont le glorieux ruban ornait son veston
des dimanches. Il avait été beau jadis, et ses yeux - restés noirs et
profonds - avaient tourné la tête à bien des filles du village, et même
d'ailleurs ... . Maintenant on l'appelait le Papet. Le Papet, d'ordinaire,
c'est le grand-père. Or, César Soubeyran ne s'était jamais marié, mais il
devait ce titre au fait qu'il était le plus vieux survivant de la famille, en
somme un Pater Familias, détenteur du nom et de l'autorité souveraine. Il habitait la grande vieille maison des Soubeyran, au
plus haut des Bastides, près de l'aire éventée qui dominait le village.» Marcel Pagnol, Jean de Florette, 1937. Texte 7 «Le premier qui arriva fut Pinhas Solal, dit
Mangeclous. C'était un ardent, maigre et long phtisique* à la barbe fourchue,
au visage décharné et tourmenté, aux pommettes rouges, aux immenses pieds
nus, tannés, fort sales, osseux, poilus et veineux, et dont les orteils
étaient effrayamment écartés. Il ne portait jamais de chaussures, prétendant
que ses extrémités étaient "de grande délicatesse". Par contre, il
était, comme d'habitude, coiffé d'un haut-de-forme et revêtu d'une redingote
crasseuse et ce, pour honorer sa profession de faux avocat qu'il appelait
"mon apostolat"**. Mangeclous était surnommé aussi Capitaine des Vents à
cause d'une particularité physiologique dont il était vain***. Un de ses
autres surnoms était Parole d'Honneur expression dont il émaillait ses
discours peu véridiques. Tuberculeux depuis un quart de siècle mais fort
gaillard, il était doté d'une toux si vibrante qu'elle avait fait tomber un
soir le lampadaire de la synagogue. Son appétit était célèbre dans tout
l'Orient non moins que son éloquence et son amour immodéré de l’argent.
Presque toujours il se promenait en traînant une voiturette qui contenait des
boissons glacées et des victuailles à lui seul destinées. On l'appelait
Mangeclous parce que, prétendait-il avec le sourire sardonique**** qui lui
était coutumier, il avait en son enfance dévoré une douzaine de vis pour
calmer son inexorable faim. Une profonde rigole médiane traversait son crâne
hâlé et chauve auquel elle donnait l'aspect d'une selle. Il disposait en
cette dépression divers objets tels que cigarettes ou crayons.» *Malade
atteint de tuberculose **
Action désintéressée ***Orgueilleux
****Moqueur, teinté de méchanceté Albert Cohen, Mangeclous, 1938. Texte 8 «Il* avait
des gestes aussi lents et déphasés que sa démarche, ceux d'un homme que rien
ne peut apparemment bousculer, non pas parce qu'il est vigoureux, mais parce
qu'il est ailleurs. Il avait son rythme. II semblait ne pas tenir compte de
l'univers qui l'entourait. Ses yeux n'avaient pas une fois rencontré ceux des
auditeurs, on eût dit qu'il faisait tout pour retarder le moment où il
faudrait lever la tête et découvrir trois cents visages, ouvrir la bouche et
prononcer des mots. II était vêtu d'une belle veste fatiguée en tweed à
chevrons gris et blancs, d'un pantalon de laine lourde et grise, de
brodequins sombres, et il portait une cravate en tricot sur une chemise
claire à col boutonné. La cravate était d'un rouge criard et contrastait avec
le reste de sa tenue. Tout en lui respirait la distance, ou bien était-ce un
reste de sommeil, ou encore était-il accablé par une sorte d'ennui, de gêne,
d'interrogation sur le bien-fondé de sa présence en ces murs, devant ces
inconnus. Il ressemblait aux rares photos dont on illustrait en général le
dos de la couverture de ses romans, mais autant ces portraits avaient pu
renvoyer l'impression d'un personnage opaque, épais, presque massif, autant
ce matin-là, William Faulkner me parut chétif, fragile, à côté de la réalité.
(...) (...) Sa moustache blond jaunâtre était celle d'un
vieux berger. Sous des yeux dont la prunelle noire semblait sans cesse agacée
et voilée par je ne sais quelle fine couche de mica humide, il avait des
poches de chair rosacées et gonflées. Les rides se promenaient sur son front,
ses joues et son menton, comme des rigoles de pluie sur une terre d'argile
trop longtemps asséchée. Il avait un nez fort et légèrement busqué**, et il
se dégageait de cette belle gueule ravagée par les nuits blanches et par
l'alcool de grain une séduction qui n'était pas seulement due à ce que nous
savions de lui et de son œuvre, mais à son physique même, à ce que ce
physique exprimait.» *L’écrivain
américain William Faulkner **Courbé
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